How Bizarre ?

pink

J’ai aimé Pink Floyd tellement sur le tard que je serais malhonnête de me prétendre fan. Pour autant, je les connais depuis assez longtemps. L’histoire connue que vivent les gens qui ont des frères ou soeurs aîné.e.s. Des tonnes de trucs passent dans tes oreilles, avec plus ou moins d’insistance ou d’égards pour le libre-arbitre de la personne de 8 ans ou à peine plus que tu es.

J’ai vu et revu “The Wall” à un âge où je n’en avais absolument rien à foutre, même s’il ne me serait pas venu à l’idée de le penser en ces termes. C’était triste, c’était décousu, je voyais ça comme une déprime gluante et tenace.  La scène de la chanson”The Wall” me fascinait quand même pas mal. Ce prof bourreau des élèves et lopette devant sa femme, ces enfants masqués qui se transformaient en steaks hachés à l’issue d’une balade sur des tapis roulants me faisaient flipper et me ravissaient en même temps.  Les prémices des sensations que me procurent aujourd’hui les films de zombies.

C’est possible que je confonde tout ça avec Averty (je pense à Averty, le google pour vérifier que je n’écorche pas son nom et me rends compte qu’il est mort cette année) et aussi avec Gandahar, pour toutes les animations. Admettons que tout ça s’agglomère et donne le souvenir de sinistrose cinématographique de mon enfance.

Bon, ben, ce souvenir de déprime cinématographique est fondateur de mes goûts en termes de cinéma et de musique. Aujourd’hui, si quelque chose me fait plaisir, c’est d’être tombée sur ces trucs enfant. J’aurais même tendance à croire, grâce à mon super pouvoir “Zéro nuance et Un seul degré” que c’est un peu grâce à ça que j’ai développé une personnalité qui ne souffre pas de tendance à la dépression.

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai eu la lattitude d’écouter de la musique dépressive et voir des films sinistres, désespérés ou dont les héros étaient des paumés aux yeux des braves gens. Avoir la télé et peu d’adultes disponibles autour de moi m’a fait atterrir devant “Tenue de soirée” alors que j’étais petite. Ca m’a mise mal à l’aise, j’ai pas vraiment compris et pas vraiment adoré, mais je savais que ça existait. L’avantage, c’est qu’ adolescente, j’ai adoré écouter de la merde – j’avais un album de Mariah Carey  sur la face d’une cassette de 90 – mais j’avais sans cesse besoin d’autre chose – Y avait Thiefaine sur l’autre face – . Un de  mes premiers enthousiasmes musicaux non conditionné par ma fratrie ou mes parents était la BO de “Hair”. J’ai aimé – et j’aime toujours- chacun de morceaux  d’une passion primaire qui me poussait à les écouter en boucle, un par un.

A 15 ans, j’avais invité deux copines à dormir chez moi et leur avais fait écouter ce disque. Je me souviens encore de leurs mines dégoûtées et de ce jugement sans appel “C’est spécial”et “C’est bizarre”. De la part d’une adolescente, on n’aurait pu imaginer de pire insulte. Je n’avais même pas imaginé qu’on puisse appliquer de qualificatif merdeux à de la musique, et bonne en plus.  Je me dis que si j’étais pas tombée sur le triptyque The Wall- Averty- Gandahar enfant, j’aurais pu avoir les deux faces de ma cassette Mariah Careytisées. Le bizarre a du bon.

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