Duel

Le nom de cette rubrique obéit, contre toute attente, à une logique. S’y trouvent et s’y trouveront toutes les chansons que le cinéma ou une série a mis particulièrement en valeur à mes yeux. J’ai adoré des dizaines de morceaux  comme ça. On croit une chanson un peu niaise, un peu familiale. Et quelqu’un vous montre à quel point vous aviez tort.

horse

Celle que j’ai réécoutée ce soir et qui tient une place particulière dans cette catégorie est ce bon vieux “Horse with no Name” de ce non-moins bon vieux America. Impossible, avant d’avoir vu l’ouverture de “je ne sais plus quelle saison – la 3, peut-être” de Breaking Bad de remarquer cette chanson comme elle le mérite. Je plaide d’importantes circonstances atténuantes : comment être pris d’une dévastatrice passion quand on a entendu pour la première fois un titre sur radio Nostalgie  (je n’ai pas précisé “cette bonne vieille”, parce que bon, c’est induit, tu crois pas ?)

Revenons à nos White moutons. Walter est tout seul, dans une caisse pourrie, sur une route à l’avenant. Cette image m’a marquée. Elle a absorbé en elle tous les autres souvenirs de l’épisode. Je me souviens d’une tension particulière. Il est bien possible qu’une voiture de flics arrête celle de White.  J’ai oublié tout ce qui se passe, mais aucune des sensations éprouvées alors.

Après ça, “A Horse with no Name” est devenu limpide. Du désert, de la soif, de la solitude, une probable mort prochaine. J’imagine même les squelettes qu’on voit dans les films joncher le parcours de l’aventurier audacieux et solitaire. Une fois cette étape franchie, j’ai entendu parler d’une évocation de l’héroïne.  Voilà autre chose qui me plaît : tu crois avoir atteint le summum du sulfureux quand tu as écouté 4000 fois “Heroin”, du Velvet et bim, tu réalises qu’un groupe à la papa a fait la même chose en plus sournois. Si t’es pas encore convaincu, le “destin de l’auditeur” s’en charge et vient mettre sur ta route la même explication de “Golden Brown”.

Ces trucs que tu entendais au supermarché, parfois entrecoupés de “Patricia, en caisse numéro 2 s’il te plaît” sont l’expression du type qui refuse de vieillir mais qui n’y peut rien.  Il voudrait bien parler de drogue, mais bon, y a les enfants à côté… “Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait” contenue tout entière dans ces choeurs candides.