Stephen.

J’avais pas prévu que me remettre à écrire sans prétendre que je me fous d’être lue serait si difficile. L’idée de base était de me foutre un petit coup de pied au cul, me prouver que j’étais capable d’aligner 3 phrases, voir un peu ce que ça fait de se désinhiber. Ca fait que je me trouve autocentrée à balancer du “Hé, lisez-moi”, hein” sur Facebook. J’ai l’impression d’être une des petites bouteilles que se tape cul-sec Alice juste avant d’arriver dans le gras du pays de Merveilles.

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L’idée, c’est de continuer quand même. Je suis en train de lire “Ecriture” de Stephen King. Depuis mes 15 ans, le meilleur Stephen King que j’aie lu. C’est à ce demander pourquoi il se casse le cul à trouver des histoires, quand il raconte sa vie, il prend soin d’y mettre une bonne couche d’ordinaire et ça reste captivant et réconfortant. Il y a des tonnes d’écrivains dont j’admire le travail et qui ne développeront jamais chez moi la groupie-attitude de celle qui veut à tout prix rencontrer sa star. Mais Stephen King, j’adorerais descendre des Barbar avec lui au comptuche du Bouillon Belge. Déjà parce que c’est un bar où le barman de 21 ans et 42 kilos me fait la bise et m’offre des shots pour mon anniversaire. Et mine de rien, c’est grâce à ce type de gestes que je me donne 10 ans avant de tomber du  côté obscur de la Bogdanisation.

Surtout parce que Stephen King comble d’une façon limite saugrenue mon amour pour les histoires de midinette. Le mec est bien plus efficace que n’importe quel kilo de chick-litt que tu trouves dans les points Relay des gares les plus nazes. Il y a toujours un truc chez lui qui me donne une foi assez solide en l’être humain. Le type qu’a l’air profondément gentil en te racontant “Cujo” ou” Jessie”, forcément, tu te dis que tout ne peut pas être faux. Le propos d’“Ecriture”, c’est donc de raconter sa vie d’écrivain, les découragements auxquels il a fait face, le soutien de sa femme. Sur le papier, rien de fou. Mais en creux, ce récit recouvre tout d’un patin de nostalgie, d’un truc qui me semble typique de la tendresse qu’éprouve un alcoolique en rémission. L’impression que derrière chaque ligne, il pense “Finalement, y a des trucs pas si mal quand on n’est pas défoncé”.

Je ne sais pas où il en était quand il a écrit ça. D’une façon ou d’une autre, transpire l’élan du condamné, la faim inextinguible (oui, j’ai envie d’utiliser inextinguible. Et 2 fois, même) de réparer avant de mourir. C’est peut-être à ce type de sensation que je conclus avec encore plus de conviction que le mec est profondément sympa.