
“Un air de famille” fait partie de mes films préférés. “Cuisine et dépendances” et “Mes meilleurs copains” doivent, de temps en temps, lui piquer sa place dans mon classement.
C’est le sens du détail qui me plaît particulièrement. Un détail parmi d’autres est le creux dans le cou de Bacri. A l’époque où j’ai vu “Mes meilleurs copains” pour la première fois, je n’ai pas remarqué ce creux. Plus qu’un creux, c’est la marque d’une pointe. On est plus dans le corrosif que dans l’érotique. J’avais lu une interview où il expliquait vaguement ça, mais j’ai oublié l’origine de cette marque.
Quand je regarde un film dans lequel Bacri joue, je cherche sa cicatrice. Si je ne la voyais pas, sa mauvaise humeur constante m’agacerait. Je suis tombée sur lui rapidement dans “La femme de ménage” cette semaine. La façon dont son visage était éclairé montrait que cette pointe interrompait une longue ligne. CortoMaltesque.
Le temps passant, la peau se distend et il me semble que chaque année, on voit mieux la cicatrice. Ou peut-être que c’est l’effet du temps sur moi qui fait que je la regarde toujours un peu plus. Plus que son grain de beauté.
Dans un air de famille, “Riri” en pull jacquard sans manches, appelle Arlette, avec sa cicatrice. Erosion des sentiments, mauvaise foi, excuses bâclées. Bien sûr, cette putain de cicatrice est la raison pour laquelle Arlette revient.